L'ordre des moines cisterciens - 1
        Le 21 mars 1098, Robert de Molesmes et quelques moines arrivent dans un endroit où la nature vierge offre son mystère et son inhospitalité. Sur ces lieux, au bord de la Vouge, ces frères vont édifier le "nouveau monastère", Cîteaux, berceau de l'ordre cistercien.
        La naissance de l'ordre est en fait précédée d'une première tentative. En effet dès 1070, quelque moines Bénédictins décident de rompre avec la toute puissance des abbayes et décident de retrouver l'essence du monachisme dans la pauvreté et la quête de Dieu : la règle de Saint Benoît. L'érémitisme semble être le moyen d'y parvenir. Albéric, rejoint par Robert, fonde un monastère à Molesmes, au nord de l'actuelle Côte d'Or. Etienne Harding, moine anglais, croise leur chemin lors de son retour d'un pèlerinage à Rome, il ne repartira plus. Ce trio va dès lors bâtir le monastère qui se développera rapidement. La communauté reçoit de nombreux dons et les richesses s'accumulant, les frères se détournent de la prière provoquant à nouveau la rupture.

abbaye de Royaumont Coll Filmotte

       Poursuivant la quête du retour à la règle, Etienne, Robert et Albéric quittent Molesmes un matin de mars 1098...Les premiers temps sont difficiles, il faut déblayer, construire, copier les livres, travailler la terre et prier...Etienne devenu abbé en 1112 modifie, en les dépouillant, les vêtements et les chants liturgiques. L'aura de l'abbaye commence à grandir , le retour au christianisme primitif semble être la voie. Cette année là, un jeune noble se présente au portier de Cîteaux, le jeune Bernard de Fontaine, futur abbé de Clairvaux, entre dans les ordres.
      Rapidement l'abbaye va pouvoir essaimer et en 1115 Etienne Harding charge Bernard de Fontaine de quitter Cîteaux afin de fonder Claivaux. A la fin du XIIè siècle, l'ordre compte 343 monastères et l'abbaye de Claivaux à elle seule rassemble100 moines.

     La révolution cistercienne consistera essentiellement au refus de tout ce qui nuit ou qui détourne de la quête de Dieu. Exit les riches enluminures et les vitraux chargés. La pierre doit être dépouillée et la vie austère, tout enrichissement personnel doit être banni. L'abbaye doit être le reflet du ciel sur la terre dans la quiètude et la pureté. Toutefois au fil des siècles l'ordre sera victime de sa popularité; il va accroître sa puissance par ses effectifs et ses richesses agricoles ou immobilières. La salle du chapître de Citeaux ne permettra même plus de réunir tous les pères des abbayes lors du chapitre général annuel. Chaque monastère posséde des granges, des maisons dans les villes et les difficultés de gestion de toutes ces richesses contraires à la doctrine de l'ordre deviennent problèmatiques. La production est supérieure aux besoins de la communauté et il faut alors faire du commerce. Ces activités obligent au contact avec les citées et les tentations.

      A partir du XIIIè siècle les cisterciens, devenus le premier ordre monastique, rencontrent des difficultés à susciter des vocations et dès lors les pères subiront le sort des autres congrégations et ne seront plus le phare de la chrétienté. Signe révélateur, les chapitres généraux ne seront réunis que 13 fois au XVIIè et 3 fois au XVIIIè siècle.

     Toutefois l'idal n'est pas mort, et Citeaux aujourd'hui c'est 3900 moines et 3015 moniales répartis dans 314 abbayes dans le monde

Abbaye de Sénanque

collatéral à Sylvacane

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